Céramiste,… amateur.
Je le revendique par respect pour les gens qui font de cet art, leur art de vivre.
L’attrait que je porte à la terre prend racine dans le métier que j’exerce depuis une vingtaine d’années.
En effet, ‘Le plus beau métier du monde’ m’a permis de toucher la terre avec des enfants de 9 à 12 ans troublés affectifs.
Je me suis vite aperçu que mettre ces enfants en contact avec ce matériau était porteur de sens. La démarche est assez unique car elle leur permet la réalisation de sculptures en s’appropriant tout le processus d’élaboration dans toute son entièreté. Ils ont l’opportunité de vivre chaque étape de la réalisation de leurs œuvres : du pain de terre, au tour de potier, en passant par les techniques de cuissons et l’émaillage.
Il en résulte pour ces enfants blessés par la vie, une image d’eux mêmes chargée de respect mais surtout une reconnaissance.
L’engouement fut tel pour moi que je décidai de mettre en place mon propre atelier en octobre 2007.
Je travaille surtout en autodidacte
j’ai suivi une formation en tournage.
Ainsi qu’une approche sur des techniques de cuisson et d’émaillage.
Ma démarche est en avant tout instinctive et sensitive.
Primitive dans ce qu’elle a d’aléatoire.
Mes pièces se construisent d’elles mêmes au départ d’une inspiration.
Il y a rarement un avant projet.
Je laisse le champ libre à cette merveilleuse sensation qu’est l’harmonie des sens.
Je me complais dans les formes rondes, moules du sein nourricier.
Souvent, le feu les fait vivre, idée même de la chaleur protectrice, porteuse de vie.
La lumière, ouvreuse de rêves, les sortant de leur statique posture.
Le rouge leur donne cette force brutale des maux cachés, du mal à moi.
Mais aussi le noir et le blanc, éternels ennemis, chaos de nos émotions, mais tellement complices, jouant de cette union déchirée pour se révéler simplement beau.
Et puis de cette forme ronde et douce surgit parfois le vit souverain, complice et indissociable de la matrice mère, donneuse de vie.
La boule, c 'est une certaine idée de l'infini, du mouvement perpétuel, de l'harmonie des sens. C'est le confort du réconfort.
Verticalité instable, jeu d'équilibre car reflet de notre combat à rester maître de notre vie.
Empilées comme le sont nos émotions, petites et grosses, composantes de notre moi, ces boules jaillissent de la mère terre.
